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	<title>Association Fran&#231;aise des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille </title>
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	<description>L'AFMJF, association cr&#233;&#233;e en 1947, rassemble les professionnels de la justice des mineurs. R&#233;flexion, d&#233;fense des droits des enfants et participation aux r&#233;formes : l'AFMJF agit pour une justice juste et protectrice.</description>
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		<title>Association Fran&#231;aise des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille </title>
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		<title>Aper&#231;u sur la situation et sur la l&#233;gislation italienne (janvier 2005)</title>
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&lt;p&gt;#TDM &lt;br class='autobr' /&gt;
(article paru dans la chronique de l'AIMJF de d&#233;cembre 2005) &lt;br class='autobr' /&gt;
Luigi Fadiga, Pr&#233;sident de la Chambre de la famille et des mineurs de la Cour d'appel de Rome &lt;br class='autobr' /&gt;
Colloque organis&#233; par l'Association Louis Chatin pour la d&#233;fense des droits de l'enfant &#224; la Premi&#232;re Chambre de la Cour de cassation. Paris, vendredi 28 janvier 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
#1#L'Italie, de pays d'&#233;migration &#224; pays d'immigration &lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de ces quinze derni&#232;res ann&#233;es, l'Italie, traditionnellement un pays d'&#233;migration, a d&#251; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://afmjf.fr/-Italie-" rel="directory"&gt;Italie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;#TDM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(article paru dans la chronique de l'AIMJF de d&#233;cembre 2005)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Luigi Fadiga, Pr&#233;sident de la Chambre de la famille et des mineurs de la Cour d'appel de Rome&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colloque organis&#233; par l'Association Louis Chatin pour la d&#233;fense des droits de l'enfant &#224; la Premi&#232;re Chambre de la Cour de cassation. Paris, vendredi 28 janvier 2005&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#1#L'Italie, de pays d'&#233;migration &#224; pays d'immigration&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ces quinze derni&#232;res ann&#233;es, l'Italie, traditionnellement un pays d'&#233;migration, a d&#251; effectuer un changement radical pour faire face &#224; un ph&#233;nom&#232;ne tout &#224; fait nouveau : l'immigration sauvage d'un nombre tr&#232;s &#233;lev&#233; d'&#233;trangers provenant de pays pauvres ou troubl&#233;s par la guerre. Le ph&#233;nom&#232;ne est devenu important &#224; partir de la fin des ann&#233;es 80, quand un grand nombre de personnes sont arriv&#233;es en Italie en provenance d'Albanie, des pays de l'ex Union Sovi&#233;tique, d'Afrique du Nord et d'Asie. Certaines se trouvaient en situation ill&#233;gale, tandis que d'autres ont souvent perdu la vie pendant le voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es 90, l'immigration a augment&#233; &#224; un rythme tr&#232;s &#233;lev&#233; et, dans la d&#233;cennie 1991/2001, le nombre d'&#233;trangers extracommunautaires est pass&#233; de 350.000 &#224; plus d'un million. Par la suite, le ph&#233;nom&#232;ne est devenu encore plus important. Entre 2000 et 2004, le nombre d'immigrants ayant un permis de s&#233;jour a doubl&#233;, pour atteindre 2.600.000, dont 400.000 mineurs. Le nombre de ces derniers augmente au rythme de 65.000 individus par an, avec 35.000 nouveaux n&#233;s et 25.000 nouvelles entr&#233;es. On estime qu'on arrivera bient&#244;t &#224; 500.000 mineurs extracommunautaires dans les &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit principalement de Roumains, de Marocains et d'Albanais. On note &#233;galement une pr&#233;sence significative d'Ukrainiens, de Polonais, de Latino-Am&#233;ricains, de S&#233;n&#233;galais et d'Asiatiques (Philippines, Inde, Sri Lanka). 60% de l'immigration est concentr&#233;e dans le nord du pays et 30% dans le centre. Elle se r&#233;partit presque &#233;galement entre hommes (51,61%) et femmes (48,39%) avec, comme classe d'age la plus repr&#233;sent&#233;e, celle des 19 &#224; 40 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres concernent l'immigration r&#233;guli&#232;re ou r&#233;gularis&#233;e et ne comprennent pas les clandestins. Ce ph&#233;nom&#232;ne est toutefois valable aussi bien pour les entr&#233;es (bien qu'elles aient diminu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es) que pour les s&#233;jours irr&#233;guliers (par exemple apr&#232;s la date limite des visas touristiques). Le nombre des clandestins est difficilement &#233;valuable. D'apr&#232;s les estimations effectu&#233;es par l'Institut de recherche Eurispes, en 2003, l'Italie comptait environ 800.000 clandestins. Dans la m&#234;me ann&#233;e il y a eu 150.000 expulsions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#2# Les mineurs isol&#233;s en Italie : quelques donn&#233;es statistiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre g&#233;n&#233;ral, se situe le ph&#233;nom&#232;ne des mineurs isol&#233;s, pratiquement inconnu jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 80. Leur pr&#233;sence est actuellement estim&#233;e entre 7.000 et 8.000, avec une tendance &#224; la baisse. En r&#233;alit&#233;, il n'est pas possible de conna&#238;tre avec pr&#233;cision leur nombre effectif. Ces donn&#233;es concernent les cas signal&#233;s pendant une ann&#233;e au Comit&#233; pour les mineurs &#233;trangers (CMS), organisme du Minist&#232;re du Travail dont je parlerai plus loin. Les mineurs proviennent &#224; plus de 75% d'Albanie, du Maroc et de Roumanie. Dans 75% des cas ils ont entre 15 et 17 ans, tandis qu'un cinqui&#232;me est &#226;g&#233; de 11 &#224; 14 ans. La majorit&#233; des mineurs a 16 ans (35,4%). Les gar&#231;ons repr&#233;sentent 86% des cas, les filles 14%. La majorit&#233; des signalements au CMS provient de la Lombardie, du Latium, du Pi&#233;mont, de l'Emile Romagne et des Pouilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mineurs isol&#233;s peuvent &#234;tre divis&#233;s grosso modo en deux cat&#233;gories. La premi&#232;re est form&#233;e de mineurs proches de la majorit&#233; venus chercher du travail et qui ont souvent d&#233;j&#224; un compatriote majeur en Italie sur lequel ils peuvent s'appuyer. La seconde est form&#233;e d'enfants plus jeunes et de jeunes filles, emmen&#233;s en Italie par des organisations criminelles dans le but de les exploiter en les contraignant &#224; la mendicit&#233; ou &#224; la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les donn&#233;es du Bureau des mineurs &#233;trangers de la ville de Turin, en 2002, 67% des interventions concernaient des mineurs appartenant &#224; la tranche d'&#226;ge des 10/15 ans, provenant de Roumanie et utilis&#233;s par des groupes d'adultes pour mendier ou pour commettre des vols. Comme la loi italienne ne permet pas l'incarc&#233;ration des enfants &#226;g&#233;s de moins de 14 ans r&#233;volus, ils sont plac&#233;s dans des centres d'accueil, dont malheureusement ils s'enfuient tr&#232;s souvent pour retourner dans la rue et commettre les m&#234;mes infractions. D'apr&#232;s une autre recherche effectu&#233;e &#224; Naples, o&#249; sont pr&#233;sents de nombreux mineurs isol&#233;s provenant du Maroc qui cherchent &#224; gagner leur vie dans la rue en nettoyant le pare-brise des voitures, le passage clandestin du Maroc &#224; l'Italie co&#251;te environ 6.000 Euros, pay&#233;s d'avance par la famille. Chaque gar&#231;on gagne environ 200 Euros par jour, qu'il utilise pour rembourser le prix du voyage et pour envoyer de l'argent &#224; sa famille rest&#233;e au pays.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#3#Premi&#232;res tentatives de r&#233;glementation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 90, l'absence de normes sp&#233;cifiques en mati&#232;re de mineurs isol&#233;s n'avait repr&#233;sent&#233; aucun probl&#232;me, le ph&#233;nom&#232;ne &#233;tant pratiquement inconnu. Il est int&#233;ressant de noter qu'en 1994 le gouvernement &#233;prouva soudain le besoin de ratifier une vieille et inutile convention de La Haye datant de 1970 en mati&#232;re de rapatriement des mineurs, laquelle avait &#233;t&#233; compl&#232;tement oubli&#233;e apr&#232;s sa signature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me fut abord&#233; plus directement par la loi sur l'immigration no. 39/1990, mais d'une fa&#231;on encore marginale. Ce texte &#233;tablissait tout simplement l'obligation de signaler les mineurs isol&#233;s au tribunal pour enfants, afin de pouvoir les faire b&#233;n&#233;ficier des mesures de protection n&#233;cessaires. Il ne pr&#233;cisait toutefois pas quelles devaient &#234;tre ces mesures. Les premi&#232;res tentatives d'application de la loi &#224; des enfants abandonn&#233;s se sont r&#233;v&#233;l&#233;es nulles. Cette loi pr&#233;voyait que le mineur abandonn&#233; devait &#234;tre d&#233;clar&#233; &#034;adoptable&#034; et plac&#233; en vue d'adoption, mais les mineurs isol&#233;s ne peuvent pas &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme abandonn&#233;s, car ils ont quitt&#233; leur famille par libre choix, et la plupart d'entre eux gardent des liens avec elle. On ne pouvait pas non plus les placer en vue d'une adoption compte tenu de leur &#226;ge et de leur choix d'une vie tout &#224; fait diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres tentatives eurent lieu en confiant les mineurs aux services sociaux charg&#233;s de les placer, mais tout cela n'avait du succ&#232;s que quand l'enfant acceptait la mesure. En absence d'autres dispositions, un nombre consid&#233;rable de mineurs isol&#233;s ont &#233;t&#233; expuls&#233;s, tandis que beaucoup d'autres ont pr&#233;f&#233;r&#233; la clandestinit&#233; et sont souvent devenus victimes d'exploitation et de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, on peut dire que dans sa phase initiale, le ph&#233;nom&#232;ne des mineurs &#233;trangers isol&#233;s a pris au d&#233;pourvu aussi bien les autorit&#233;s administratives que les tribunaux pour enfants, ce qui ne peut se justifier qu'en partie par l'absence d'un cadre normatif ad&#233;quat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#4#La loi sur l'immigration de 1998 et les mineurs &#233;trangers.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;glementation juridique plus d&#233;taill&#233;e sur les mineurs immigr&#233;s a &#233;t&#233; mise en place par le gouvernement Prodi avec la loi sur l'immigration no. 40/1998, dite loi Turco-Napolitano du nom des ministres qui l'avaient propos&#233;e et qui appartenaient tous deux au parti des d&#233;mocrates de gauche (PDS). La loi de 1998 repr&#233;sente la tentative la plus organique de restructurer toute la mati&#232;re. Ses buts sont l'am&#233;lioration des syst&#232;mes de contr&#244;le ainsi que les garanties en cas d'expulsion ; la r&#233;glementation des flux d'entr&#233; et l'int&#233;gration des &#233;trangers r&#233;guli&#232;rement immigr&#233;s. Les principes qui r&#233;gissent aujourd'hui la condition des mineurs &#233;trangers immigr&#233;s peuvent donc &#234;tre r&#233;sum&#233;s comme il suit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi &#233;tablit une interdiction g&#233;n&#233;rale d'expulsion des mineurs (art. 19/2), sous r&#233;serve du droit de l'enfant &#224; suivre le parent expuls&#233;. La seule exception &#224; la r&#232;gle g&#233;n&#233;rale est l'expulsion pour des raisons d'ordre publique ou de s&#233;curit&#233; nationale (p. ex. mineurs m&#234;l&#233;s &#224; des activit&#233;s terroristes), qui toutefois ne peut pas &#234;tre ordonn&#233;e par l'autorit&#233; administrative (comme pour les adultes), mais doit &#234;tre d&#233;cid&#233;e par le tribunal pour enfants (art.31/4). Sont pr&#233;vus en outre le droit de la famille &#224; &#234;tre r&#233;unie et la pr&#233;&#233;minence de l'int&#233;r&#234;t de l'enfant (art. 28/3), avec rappel de la Convention de l'ONU de 1989 relative aux Droits de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants vivant avec leurs parents s&#233;journant r&#233;guli&#232;rement en Italie sont inscrits dans le permis de s&#233;jour de leurs parents jusqu'&#224; 14 ans. De 14 &#224; 18 ans, l'enfant b&#233;n&#233;ficie d'un permis de s&#233;jour &#171; pour raisons familiales &#187;. A partir de 18 ans, un permis de s&#233;jour pour des raisons d'&#233;tudes, de travail ou de sant&#233; peut &#234;tre accord&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#5#Le d&#233;cret 535/1999 et les mineurs isol&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1999, un d&#233;cret ad hoc du gouvernement a r&#233;glement&#233; de mani&#232;re plus d&#233;taill&#233;e la situation du mineur &#233;tranger isol&#233;, dont la d&#233;nomination officielle est, en Italie, mineur non accompagn&#233;. D'apr&#232;s la d&#233;finition qui est donn&#233;e par son art. 1, le mineur &#233;tranger non accompagn&#233; est un mineur n'ayant pas la nationalit&#233; italienne ou d'un autre pays de l'Union europ&#233;enne et qui, n'ayant pas pr&#233;sent&#233; de demande d'asile, se trouve, pour quelque raison que ce soit, priv&#233; de l'assistance de ses parents ou d'autres adultes et de la repr&#233;sentation par ses parents ou par d'autres adultes responsables pour lui et capables de le repr&#233;senter d'apr&#232;s la loi italienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence de l'interdiction g&#233;n&#233;rale introduite par la loi de 1998 dont j'ai parl&#233; ci-dessus, les mineurs &#233;trangers non accompagn&#233;s ne peuvent pas &#234;tre expuls&#233;s. N&#233;anmoins, la loi de 1998 a pr&#233;vu une forme particuli&#232;re de rapatriement dite &#171; rapatriement assist&#233; &#187;, pour laquelle est comp&#233;tant un organisme technique particulier du Minist&#232;re du Travail, le Comit&#233; pour les mineurs &#233;trangers (CMS), dont les missions sont &#233;num&#233;r&#233;es par le d&#233;cret 535/1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout mineur isol&#233; trouv&#233; sur le territoire national doit &#234;tre signal&#233; au CMS, qui, une fois le signalement re&#231;u, doit effectuer des recherches pour retrouver ses parents, aussi bien en Italie que dans le pays d'origine du mineur. En attendant, un permis de s&#233;jour &#171; pour minorit&#233; &#187; est accord&#233; &#224; l'enfant qui jouit alors de tous les droits concernant l'assistance sanitaire et sociale, ainsi que les droits &#224; l'instruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la recherche des parents donne des r&#233;sultats positifs, le CMS ordonne le rapatriement de l'enfant &#171; aux fins de protection et de garantie du droit &#224; l'unit&#233; familiale &#187;. L'enfant a le droit d'&#234;tre entendu avant que la d&#233;cision soit prise et le rapatriement doit &#234;tre effectu&#233; de fa&#231;on &#224; assurer le respect de l'enfant et des ses conditions psychologiques, jusqu'&#224; ce qu'il soit confi&#233; &#224; sa famille ou &#224; l'autorit&#233; comp&#233;tente de son pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mesure rappelle la R&#233;solution du 26 juin 1997 du Conseil de l'Europe, mais elle a &#233;t&#233; critiqu&#233;e comme ambigu&#235; et hypocrite et s'est en outre av&#233;r&#233;e bien peu utile. Retrouver la famille d'origine, m&#234;me par le biais des organisations internationales telles que le Service Social International ou la Croix-Rouge, s'est r&#233;v&#233;l&#233; probl&#233;matique. De plus, c'est souvent la famille elle-m&#234;me qui ne souhaite pas le retour de l'enfant, lequel par ses gains &#224; l'&#233;tranger repr&#233;sente parfois sa source principale de revenu. Enfin, c'est l'enfant lui-m&#234;me qui peut donner de fausses indications sur sa provenance et sa nationalit&#233;, dans le but d'&#233;viter le rapatriement. Ainsi, contrairement &#224; l'espoir du l&#233;gislateur, la majorit&#233; des enfants non accompagn&#233;s restent en Italie avec le permis de s&#233;jour pour minorit&#233; et sont assist&#233;s de diff&#233;rentes mani&#232;res par les services sociaux territoriaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai probl&#232;me se pose lorsqu'ils arrivent &#224; 18 ans, alors que le permis de s&#233;jour pour minorit&#233; perd automatiquement sa validit&#233;. Le Minist&#232;re de l'int&#233;rieur, par une s&#233;rie de circulaires, a cherch&#233; &#224; donner &#224; la loi de 1998 une interpr&#233;tation tr&#232;s restrictive, en refusant la possibilit&#233; de conversion du permis de s&#233;jour pour minorit&#233; en permis de s&#233;jour pour travail ou instruction. Il a par cons&#233;quent soutenu qu'il fallait expulser le jeune majeur, sauf s'il avait &#233;t&#233; confi&#233; pendant sa minorit&#233; &#224; un compatriote s&#233;journant r&#233;guli&#232;rement en Italie. La jurisprudence a toutefois r&#233;sist&#233; &#224; cette interpr&#233;tation et un important arr&#234;t de la Cour Constitutionnelle (nr. 198/2003) a affirm&#233; qu'en mati&#232;re d'enfants &#233;trangers immigr&#233;s, les normes et les principes du droit de l'enfant (parmi lesquels la primaut&#233; de l'int&#233;r&#234;t de l'enfant) doivent pr&#233;valoir sur les principes et les normes r&#233;gissant l'immigration des &#233;trangers. En cons&#233;quence, le permis de s&#233;jour pour minorit&#233; accord&#233; au mineur isol&#233; peut &#234;tre converti &#224; l'&#226;ge de 18 ans en permis de s&#233;jour pour travail ou pour instruction, m&#234;me si l'enfant n'a pas pu &#234;tre confi&#233; &#224; un compatriote mais aux services sociaux en vue d'un placement dans un centre d'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#6#La r&#233;forme de 2002&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;glementation d&#233;crite ci-dessus a &#233;t&#233; renforc&#233;e et durcie par les modifications introduites par le gouvernement de centre-droit avec la loi no. 189/2002, dite loi Bossi-Fini. D'apr&#232;s ces modifications, le mineur &#233;tranger isol&#233; peut obtenir un permis de s&#233;jour pour &#233;tude ou travail &#224; la double condition d'avoir particip&#233; pendant deux ans au moins &#224; un projet d'int&#233;gration g&#233;r&#233; par un organisme agr&#233;&#233; par le Minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et d'avoir v&#233;cu en Italie pendant trois ans au moins. Il s'agit en substance d'une mini-r&#233;gularisation, subordonn&#233;e &#224; de nombreuses conditions. Elle est tr&#232;s difficile &#224; appliquer aux mineurs non accompagn&#233;s qui se trouvent d&#233;j&#224; en Italie, &#233;tant donn&#233; que tr&#232;s peu pourront d&#233;montrer avoir particip&#233; &#224; de tels projets. De plus, m&#234;me lorsque ces normes pourront &#234;tre appliqu&#233;es, la limite minimale des trois ans de pr&#233;sence en Italie provoquera l'expulsion &#224; 18 ans de tous les enfants arriv&#233;s en Italie apr&#232;s 15 ans.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#7#Pour conclure&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;15 ans - ou presque - apr&#232;s son apparition, le ph&#233;nom&#232;ne des mineurs &#233;trangers isol&#233;s, bien qu'en diminution, continue &#224; &#234;tre pr&#233;occupant. Les espoirs de le r&#233;soudre par des formes de rapatriement prot&#233;g&#233; se sont r&#233;v&#233;l&#233;s illusoires, tandis que les cons&#233;quences positives des interventions de protection effectu&#233;es &#224; leur &#233;gard par les services sociaux sont tr&#232;s souvent annul&#233;es par le risque d'expulsion &#224; 18 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me ne peut pas &#234;tre r&#233;solu par l'application du droit d'asile, bien qu'il soit pr&#233;vu par la Constitution de la R&#233;publique. En effet, les proc&#233;dures d'asile sont appliqu&#233;es en Italie tr&#232;s lentement et avec difficult&#233;. En 2003, la Commission du Minist&#232;re de l'int&#233;rieur charg&#233;e d'examiner les demandes en a rejet&#233; 10.174 sur 11.319. En outre, une r&#233;forme encore plus restrictive propos&#233;e par le gouvernement est en cours de discussion au parlement et elle est tr&#232;s critiqu&#233;e par l'opposition ainsi que par les organisations humanitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les mineurs isol&#233;s, la proc&#233;dure d'asile est appliqu&#233;e tr&#232;s rarement (seulement 15 cas pendant la derni&#232;re ann&#233;e). Un nombre si faible est parfois expliqu&#233; par le fait que l'interdiction g&#233;n&#233;rale d'expulsion des mineurs &#233;trangers rend inutile le recours au droit d'asile. Mais, comme on l'a vu, l'interdiction d'expulsion s'applique seulement pendant la minorit&#233;. Il est donc &#233;vident que le droit d'asile n'est pas appliqu&#233; aux mineurs non parce qu'il inutile, mais parce qu'un syst&#232;me d'accueil efficace pour ces enfants fait d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les restrictions budg&#233;taires et les politiques hostiles &#224; l'immigration mises en oeuvre par le gouvernement actuel ne laissent pas beaucoup esp&#233;rer de l'avenir proche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le droit des mineurs en Italie - juin 2002</title>
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&lt;p&gt;#TDM &lt;br class='autobr' /&gt;
Rencontre avec des magistrats italiens. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 1999, l'A.F.M.J.F. a entrepris d'organiser des rencontres entre magistrats de l'enfance fran&#231;ais et d'autres pays d'Europe. Ces rencontres sont l'occasion de mieux se comprendre et d'ouvrir la r&#233;flexion sur les pratiques et les &#233;volutions l&#233;gislatives. La premi&#232;re a eu lieu avec l'association des magistrats belges &#224; Lille en 1999, la deuxi&#232;me avec les magistrats espagnols et portugais &#224; Bayonne en 2000 et la derni&#232;re date du 20 octobre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://afmjf.fr/-Italie-" rel="directory"&gt;Italie&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;#TDM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rencontre avec des magistrats italiens.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1999, l'A.F.M.J.F. a entrepris d'organiser des rencontres entre magistrats de l'enfance fran&#231;ais et d'autres pays d'Europe. Ces rencontres sont l'occasion de mieux se comprendre et d'ouvrir la r&#233;flexion sur les pratiques et les &#233;volutions l&#233;gislatives. La premi&#232;re a eu lieu avec l'association des magistrats belges &#224; Lille en 1999, la deuxi&#232;me avec les magistrats espagnols et portugais &#224; Bayonne en 2000 et la derni&#232;re date du 20 octobre 2001 &#224; Lyon avec l'Association Italienne des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille, pr&#233;sid&#233;e par Giulia Di Marco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e a d&#233;but&#233; par une pr&#233;sentation de l'association italienne, de sa philosophie, de son histoire et de son r&#244;le depuis sa cr&#233;ation. Mme Di Marco a insist&#233; sur le r&#244;le de l'association dans la promotion de r&#233;formes l&#233;gislatives et sociales et son objectif affich&#233; d'homog&#233;n&#233;isation de la jurisprudence. L'association italienne est forte de 900 adh&#233;rents, jouit d'une totale autonomie financi&#232;re et publie, depuis 1990, la revue Minori Justicia, qui est devenue une r&#233;f&#233;rence nationale en mati&#232;re de r&#233;flexion sur la justice des mineurs et leur prise en charge. Mme Di Marco a fait &#233;tat des principales difficult&#233;s rencontr&#233;es, &#224; savoir la n&#233;cessit&#233; de prendre en compte le fonctionnement d'une administration sur laquelle elle n'a aucune prise et la difficult&#233; de demeurer un interlocuteur de poids face au gouvernement et au parlement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#1#Des particularit&#233;s r&#233;gionales.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De l'aveu de l'ensemble des magistrats italiens, l'organisation politique de l'Italie, et avec elle le syst&#232;me de protection de l'enfance, est une agr&#233;gation de particularit&#233;s r&#233;gionales : les r&#233;gions disposent d'une grande autonomie politique et l&#233;gislative, et le d&#233;cret du 24 juillet 1977 a transf&#233;r&#233; les fonctions d'aide sociale, de pr&#233;vention et d'ex&#233;cution des mesures judiciaires aux communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau central, la protection de l'enfance rel&#232;ve du Minist&#232;re de la Solidarit&#233; sociale, le traitement de la d&#233;linquance des mineurs rel&#232;ve du Minist&#232;re de la Justice, la pr&#233;vention de la criminalit&#233; organis&#233;e et de la toxicomanie rel&#232;ve du Minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, et la protection maternelle et infantile rel&#232;ve du Minist&#232;re de la Sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau local, les situations territoriales sont diversifi&#233;es : les r&#233;gions d&#233;finissent une politique de protection qu'elles financent, les provinces coordonnent les activit&#233;s des services et la formation, les communes exercent les interventions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les actions de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e se sont d&#233;velopp&#233;es depuis la cr&#233;ation du Minist&#232;re de la Solidarit&#233; sociale et concernent surtout les grandes villes qui r&#233;alisent des &#8220;projets jeunes&#8221;. Chacune des 20 r&#233;gions a sa politique de pr&#233;vention directe (actions en faveur des mineurs tels que la cr&#233;ation de foyers et l'organisation d'activit&#233;s et d'aide &#233;ducative &#224; domicile) ou indirecte (soutien au milieu familial notamment par la cr&#233;ation de consultations familiales, coop&#233;ration entre services sociaux et personnel scolaire). Les collectivit&#233;s territoriales sous-traitent de plus en plus fr&#233;quemment l'exercice des mesures &#224; des organismes priv&#233;s. Cette pratique permet de fournir la flexibilit&#233; n&#233;cessaire &#224; l'entreprise d'actions novatrices et cibl&#233;es sur des zones difficiles et de limiter les d&#233;penses publiques. L'activit&#233; b&#233;n&#233;vole, tradition s&#233;culaire en Italie, est fortement soutenue, en partie pour les m&#234;mes raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franco Occhiogrosso, pr&#233;sident du tribunal pour enfants de Bari, a soulign&#233; les difficult&#233;s que pr&#233;sente une telle organisation : des actions innovantes et de larges programmes de pr&#233;vention ont &#233;t&#233; organis&#233;s dans les r&#233;gions plus riches du nord, alors que les r&#233;gions du sud n'ont pas r&#233;ellement mis en &#339;uvre la nouvelle r&#233;partition des comp&#233;tences entre l'Etat et les collectivit&#233;s territoriales, cr&#233;ant un manque important d'accompagnement social, dans lequel les organisations mafieuses se sont engouffr&#233;es. La d&#233;t&#233;rioration de la situation dans le sud et les difficult&#233;s des services &#233;ducatifs, peu au fait des nouvelles th&#233;ories fond&#233;es sur l'efficacit&#233; r&#233;&#233;ducative, &#224; remplir leur mission, am&#232;nent l'opinion publique &#224; demander un abaissement de l'&#226;ge de l'imputabilit&#233; p&#233;nale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sylvie Perdriolle, directrice de la protection judiciaire de la jeunesse, a rappel&#233; les difficult&#233;s d'articulation en France, entre les comp&#233;tences d&#233;centralis&#233;es et celles qui rel&#232;vent de l'Etat. Elle a cit&#233; l'exemple de l'Angleterre, qui a impos&#233; la coordination aux diff&#233;rentes institutions. Les situations italienne, britannique et fran&#231;aise et la volont&#233; partag&#233;e d'am&#233;liorer la coordination peuvent ainsi &#234;tre mises en perspective avec le consensus europ&#233;en sur la n&#233;cessit&#233; de coordonner les politiques de pr&#233;vention et les politiques de justice.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#2#Le partage des comp&#233;tences judiciaires.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La comp&#233;tence judiciaire en mati&#232;re de mineurs est r&#233;partie entre plusieurs tribunaux : les tribunaux des mineurs sont compos&#233;s de deux magistrats professionnels et de deux juges honoraires, experts choisis pour leurs connaissance en mati&#232;re d'enfance et d'adolescence. Ils ont une comp&#233;tence civile en mati&#232;re de filiation, d'autorit&#233; parentale et de d&#233;claration d'abandon, une comp&#233;tence dite r&#233;&#233;ducative qui leur permet de mandater les services sociaux pour exercer des mesures d'accompagnement et une comp&#233;tence p&#233;nale exclusive pour les mineurs. Toutefois les questions li&#233;es &#224; la consommation et au trafic de stup&#233;fiants rel&#232;vent du pr&#233;fet, m&#234;me lorsqu'il s'agit de mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; des tribunaux des mineurs, le juge tut&#233;laire rend ex&#233;cutoire les placements familiaux volontaires, rend compte au tribunal des situations d'abandon, contr&#244;le l'ex&#233;cution des d&#233;cisions de justice en mati&#232;re d'autorit&#233; parentale et dirige les tutelles. Enfin, le tribunal de grande instance est comp&#233;tent en mati&#232;re de s&#233;paration et de divorce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;clatement des comp&#233;tences autour de l'enfant n'est pas sans poser probl&#232;me : selon Franco Occhiogrosso, il remet en cause le principe de sp&#233;cialisation en mati&#232;re de mineurs, d'autant que la formation des magistrats sp&#233;cialis&#233;s n'est pas encore syst&#233;matique et obligatoire. Il peut &#233;galement aboutir, ainsi que l'a soulign&#233; Roberto Ianiello, &#224; des d&#233;cisions incompatibles, &#224; une utilisation du syst&#232;me judiciaire pour alimenter les conflits familiaux et &#224; d'importantes diff&#233;rences r&#233;gionales : ainsi, le suivi et l'adaptation des mesures &#233;ducatives et d'am&#233;nagement des d&#233;cisions relatives &#224; l'autorit&#233; parentale peut relever soit du tribunal pour enfants (am&#233;nagement de la premi&#232;re d&#233;cision) soit du juge des tutelles, soit encore du juge de l'ex&#233;cution forc&#233;e. Il peut enfin nuire &#224; l'exercice m&#234;me de l'action &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#3#L'interd&#233;pendance de l'administratif et du judiciaire.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'administration intervient &#224; la fois dans le cadre de la pr&#233;vention et en ex&#233;cution de d&#233;cisions judiciaires, cr&#233;ant une &#233;troite interd&#233;pendance entre les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les consultori familiari, cr&#233;&#233;s par la loi du 29 avril 1975, exercent un soutien social et psychologique. Les services sociaux des communes ou des associations sous contrat exercent des mesures administratives et judiciaires d'assistance &#233;ducative &#224; domicile pour &#233;viter la s&#233;paration du mineur de son milieu familial. Des activit&#233;s &#233;ducatives sont organis&#233;es par des centres de rencontres pour les jeunes, sous la responsabilit&#233; des r&#233;gions. Enfin, le placement d'un enfant peut &#234;tre organis&#233; lorsqu'il est mat&#233;riellement ou moralement abandonn&#233;, &#233;lev&#233; dans des locaux insalubres ou dangereux ou par des personnes incapables d'assurer son &#233;ducation. Le placement prononc&#233; &#224; la demande des parents ne peut &#234;tre ex&#233;cut&#233; qu'apr&#232;s autorisation du juge tut&#233;laire, ce qui ne clarifie pas la fronti&#232;re entre la protection administrative et la protection judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tribunal des mineurs peut &#234;tre saisi par le procureur, les parents, ou recevoir des signalements des services sociaux. Il constate l'existence de situations de danger et d&#233;cide des mesures adapt&#233;es : il peut imposer des obligations pr&#233;cises aux parents concernant leur comportement, demander l'intervention des services sociaux, placer l'enfant chez un tiers ou sous la tutelle de la commune. L'intervention du tribunal des mineurs est con&#231;ue comme une atteinte &#224; l'autorit&#233; parentale qui peut aller jusqu'&#224; la d&#233;ch&#233;ance et d&#233;claration d'adoptabilit&#233;. Le placement ne peut &#234;tre prononc&#233; que dans des situations extr&#234;mes de carences &#233;ducatives et, hors les cas d'urgence, n'est mis en &#339;uvre qu'apr&#232;s une phase d'&#233;valuation approfondie de la situation du mineur et de sa famille et lorsque toutes les autres tentatives d'aide et de soutien ont &#233;t&#233; &#233;puis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes services sociaux sont charg&#233;s de l'&#233;valuation, de l'exercice des mesures et de la mise en &#339;uvre du placement. Les situations locales sont contrast&#233;es et dans les r&#233;gions dot&#233;es de services moins dynamiques, les juges des mineurs sont plac&#233;s en situation de suppl&#233;er aux carences de l'administration, brouillant ainsi les champs de comp&#233;tence, ainsi que l'a d&#233;nonc&#233; Livia Pomodoro, pr&#233;sidente du tribunal des mineurs de Milan.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#4#Le placement familial et l'adoption&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est largement fait recours aux structures d'accueil collectif. La taille des institutions s'est r&#233;duite avec le temps, le placement institutionnel est con&#231;u comme temporaire, &#224; d&#233;faut de placement familial ou de foyer-logement (petites unit&#233;s de vie). On assiste &#224; un r&#233;cent effort pour limiter le recours au placement et en m&#234;me temps, au d&#233;veloppement du placement familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi du 4 mai 1983 r&#233;glemente le placement familial et l'adoption. La d&#233;cision de placement doit &#234;tre motiv&#233;e, indiquer la dur&#233;e probable, les pouvoirs conf&#233;r&#233;s &#224; la famille d'accueil et aux services sociaux qui doivent tenir le juge inform&#233; du placement. La mainlev&#233;e ne peut intervenir que par d&#233;cision judiciaire. L'intervention des familles d'accueil est b&#233;n&#233;vole, un paiement ne pouvant intervenir qu'&#224; titre de remboursement de frais engag&#233;s pour l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistance &#233;ducative &#233;tant con&#231;ue comme une limitation gradu&#233;e de l'autorit&#233; parentale, les situations extr&#234;mes peuvent aboutir &#224; l'adoption de l'enfant. Celui-ci est d&#233;clar&#233; adoptable lorsque ses parents disparaissent ou qu'ils ont &#233;t&#233; d&#233;chus de l'autorit&#233; parentale, apr&#232;s audition en chambre du conseil des parents, des proches, de l'institution d'accueil et du mineur s'il est &#226;g&#233; de plus de 12 ans. Lorsque l'enfant est d&#233;clar&#233; adoptable, le tribunal des mineurs choisit lui-m&#234;me le couple d'adoptants, parmi les couples agr&#233;&#233;s par les consultori familiari, et lui confie l'enfant en pr&#233;-adoption pour un an. La d&#233;cision d'adoption fait l'objet d'une nouvelle audience. L'adoption est irr&#233;vocable et les relations de l'enfant adopt&#233; avec sa famille d'origine sont rompues. Le nombre d'adoptions prononc&#233;es pour situation d'abandon en raison de carences familiales est peu important : le tribunal de Milan n'en a prononc&#233; que 100 l'an dernier, ce qui fait dire &#224; Mme Livia Pomodoro, pr&#233;sidente du tribunal des mineurs de Milan, qu'il ne s'agit pas d'une solution privil&#233;gi&#233;e en mati&#232;re de protection de l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les institutions qui accueillent des mineurs ont l'obligation de transmettre tous les 6 mois au tribunal des mineurs la liste des enfants qu'elles accueillent pour qu'aucune situation d'abandon mat&#233;riel ou moral ne puisse lui &#233;chapper. En compl&#233;ment de cette obligation, le juge tut&#233;laire informe le tribunal des mineurs de telles situations et visite les institutions d'accueil tous les 6 mois.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#5#Les abus sexuels.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Auparavant objet de protection en qualit&#233; de membre de sa famille, l'enfant est de plus en plus consid&#233;r&#233; en tant que personne, qu'individu titulaire de droits. Cette situation est particuli&#232;rement visible en mati&#232;re de protection des victimes d'atteintes sexuelles : jusqu'&#224; r&#233;cemment, la r&#233;pression de la maltraitance avait pour objectif de prot&#233;ger l'ordre et la morale de la famille en tant qu'institution, la minorit&#233; de la victime n'&#233;tait pas une circonstance aggravante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi du 15 f&#233;vrier 1996 relative &#224; la r&#233;pression des atteintes sexuelles sur les enfants a chang&#233; l'approche de la maltraitance. C'est maintenant l'int&#233;r&#234;t de l'enfant en tant que personne qui est prot&#233;g&#233; : le procureur a l'obligation d'informer le tribunal des mineurs de toute d&#233;nonciation d'atteinte sexuelle sur mineur, les professionnels de l'&#233;ducation et de la sant&#233; ont l'obligation de d&#233;noncer les abus dont ils ont connaissance. La principale difficult&#233; est la n&#233;cessit&#233; d'une plainte de la victime de plus de 10 ans pour pouvoir poursuivre de tels actes. Enfin, le mineur victime b&#233;n&#233;ficie d'une audition prot&#233;g&#233;e, et de nombreux parquets ont constitu&#233; des &#233;quipes sp&#233;cialis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#6#Mafia, mineurs non accompagn&#233;s et &#8220;troubles du bien-&#234;tre&#8221;.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation des mineurs par les organisations criminelles est un probl&#232;me r&#233;current. Elle perp&#233;tue la loi du silence et la culture mafieuse bouleverse l'ordre des familles en faisant de l'enfant le principal fournisseur des revenus familiaux. Cette situation est aggrav&#233;e par la forte augmentation de l'immigration clandestine : de nombreux mineurs non accompagn&#233;s sont r&#233;cup&#233;r&#233;s par les organisations criminelles pour la vente au d&#233;tail de produits stup&#233;fiants, la prostitution et la commission de divers d&#233;lits, notamment des cambriolages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franco Occhiogrosso, pr&#233;sident du tribunal des mineurs de Bari, a &#233;galement &#233;voqu&#233; des d&#233;veloppements plus r&#233;cents, &#224; savoir l'implication de mineurs dans des crimes de plus en plus graves surtout dans le sud de l'Italie (ph&#233;nom&#232;ne des &#171; baby-killers &#187;), et le d&#233;veloppement d'une d&#233;linquance sans motif apparent, li&#233;e au d&#233;s&#339;uvrement et qui ne se r&#233;sorbe pas avec l'&#226;ge. Cette forme de d&#233;linquance, appel&#233;e &#8220;trouble du bien-&#234;tre&#8221;, touche de plus en plus de filles. Elle est accompagn&#233;e d'un accroissement du taux de suicides, des troubles de l'alimentation, de la consommation de produits stup&#233;fiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franco Occhiogrosso a indiqu&#233; que les mineurs &#233;trangers faisaient l'objet d'une r&#233;pression beaucoup plus s&#233;v&#232;re que les autres, les tribunaux ayant de plus en plus recours &#224; la d&#233;tention provisoire avec &#233;loignement de leur lieu de r&#233;sidence. Il est tr&#232;s difficile pour les services sociaux d'&#233;valuer la situation et de proposer une aide &#224; ces enfants sans famille, exploit&#233;s par les adultes, ayant connu des ruptures affectives et m&#233;fiants &#224; l'&#233;gard des institutions &#233;tatiques. Selon lui, seul le r&#233;veil des communaut&#233;s locales, leur refus de la culture mafieuse et leur capacit&#233; &#224; proposer d'autres mod&#232;les et &#224; exprimer avec vigueur une culture de la l&#233;galit&#233; pourraient permettre de venir &#224; bout de cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;cho &#224; son appel, Alain Bruel a &#233;voqu&#233; la situation des mineurs tziganes : la condamnation des adultes qui les exploitaient a permis d'enrayer le ph&#233;nom&#232;ne en France. Aujourd'hui, c'est la situation des mineurs roumains vivant du produit de vols de l'argent des horodateurs qui est pr&#233;occupante : des efforts ont &#233;t&#233; entrepris lorsque, les horodateurs &#233;tant hors d'usage et non r&#233;par&#233;s, les mineurs ont recherch&#233; d'autres sources de revenus dans la prostitution. Un projet &#233;ducatif coh&#233;rent est en phase d'&#233;laboration, des liens se construisent avec les magistrats roumains. C'est sur ces difficult&#233;s, appelant des r&#233;ponses coordonn&#233;es et inventives, que la cr&#233;dibilit&#233; de la justice des mineurs est en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#7#La continuit&#233; &#233;ducative, un principe moderne.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces difficult&#233;s, la proportion d'actes impliquant des mineurs est bien moindre en Italie que dans d'autres pays europ&#233;ens : pour 1000 mineurs, 10 seulement font l'objet d'une d&#233;nonciation d'infraction, contre 33 en Grande-Bretagne, 43,5 en France et 82 en Allemagne. Le taux d'incarc&#233;ration les concernant est bien moindre qu'en France et la d&#233;linquance des mineurs est en baisse, malgr&#233; (ou gr&#226;ce &#224; ?) l'adoption en 1988, d'un syst&#232;me p&#233;nal fond&#233; sur le processus &#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1934 que furent cr&#233;&#233;s les premiers tribunaux pour enfants, mais ce n'est qu'en 1988 qu'un proc&#232;s p&#233;nal sp&#233;cifique a &#233;t&#233; organis&#233; pour les mineurs. Le d&#233;cret du 22 septembre 1988 s'est inspir&#233; des r&#232;gles de Beijing (1985). L'adaptation de la mesure &#224; la situation personnelle et &#224; l'&#233;volution du mineur est l'objectif central du droit p&#233;nal des mineurs, pla&#231;ant au second plan le souci de r&#233;tribution de l'acte : de larges possibilit&#233;s de dispenses de poursuites, de mesures ou d'ex&#233;cution de peine sont organis&#233;es pour tenir compte des situations o&#249; une mesure n'est pas n&#233;cessaire ou est susceptible d'aggraver la situation de l'enfant. L'aspect &#233;ducatif du proc&#232;s p&#233;nal est mis en valeur. La publicit&#233; du proc&#232;s est restreinte, les intervenants (policiers, magistrats, avocats, travailleurs sociaux) sont sp&#233;cialis&#233;s. L'action civile est trait&#233;e s&#233;par&#233;ment, par les juridictions civiles, ce qui renforce encore la concentration du proc&#232;s sur la personne du mineur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mineur italien b&#233;n&#233;ficie d'une pr&#233;somption irr&#233;fragable d'irresponsabilit&#233; p&#233;nale avant 14 ans. Un mineur &#226;g&#233; de 14 &#224; 18 ans ne peut &#234;tre poursuivi que s'il est &#233;tabli qu'il &#233;tait &#171; capable de comprendre et de vouloir &#187;. Toutefois, les mineurs de 14 ans, ou en incapacit&#233; de comprendre et de vouloir, peuvent faire l'objet de mesures de s&#233;curit&#233; lorsqu'ils sont socialement dangereux, lorsque les faits sont graves ou en raison de la conduite morale de la famille. Ces mesures consistent en des prescriptions particuli&#232;res, une assignation &#224; domicile ou un placement en institution judiciaire de r&#233;&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#8#Le proc&#232;s p&#233;nal : r&#233;paration, m&#233;diation, pardon judiciaire.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'action publique est gouvern&#233;e par le principe de l&#233;galit&#233; des poursuites. Toutefois, s'agissant de mineurs, le procureur peut renoncer aux poursuites lorsque les faits ont un caract&#232;re insignifiant. Il peut demander aux services sociaux de l'administration judiciaire ou aux collectivit&#233;s locales un rapport sur la situation personnelle et familiale du mineur afin d'&#233;valuer sa capacit&#233; &#224; comprendre la port&#233;e de ses actes et d&#233;cider ensuite de poursuivre ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services sociaux ont &#233;galement pour mission d'assister et de soutenir le mineur au travers de la proc&#233;dure, d'assurer l'information du mineur, de garantir la pr&#233;sence et la participation de la famille, de suivre le mineur apr&#232;s une condamnation. En effet, la pr&#233;sence d'un avocat n'est pas syst&#233;matique et obligatoire &#224; toutes les phases du proc&#232;s, ce qui provoque actuellement un vif d&#233;bat en Italie, d'autant plus que certains barreaux ont constitu&#233; des groupes d'avocats sp&#233;cialis&#233;s, tant au civil qu'au p&#233;nal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur requ&#234;te du procureur, le mineur est entendu en chambre du conseil par une formation coll&#233;giale compos&#233;e d'un juge professionnel et deux juges honoraires. Cette audience pr&#233;liminaire se termine par une d&#233;cision de non-lieu, une condamnation p&#233;cuniaire, une sanction substitutive (r&#233;paration, m&#233;diation, obligations, accompagnement &#233;ducatif) ou un renvoi devant le tribunal des mineurs. Depuis la r&#233;forme, le juge doit &#233;viter de recourir &#224; la d&#233;tention provisoire et peut imposer au mineur des obligations concernant sa scolarit&#233; ou son travail, l'assigner &#224; r&#233;sidence, le placer en foyer de semi-libert&#233;. A ce stade de la proc&#233;dure, un pardon judiciaire peut &#234;tre accord&#233; au mineur si les juges sont convaincus qu'il n'y aura pas de r&#233;cidive. Le juge a l'obligation l&#233;gale d'expliquer au mineur la signification, le contenu et les raisons des actes de proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tribunal des mineurs est compos&#233; de deux magistrats et de deux juges honoraires. Il est saisi sur renvoi de la formation coll&#233;giale, et peut prononcer toute sanction p&#233;nale, avec ou sans sursis. Il peut &#233;galement accorder un pardon judiciaire ou suspendre le proc&#232;s avec mise &#224; l'&#233;preuve du mineur, quelle que soit la gravit&#233; des faits. L'issue positive de la mise &#224; l'&#233;preuve, suivie par les services &#233;ducatifs de l'administration judiciaire, entra&#238;ne l'extinction du d&#233;lit. En 2000, ce fut le cas pour 67 % des mesures de mise &#224; l'&#233;preuve prononc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Giuseppe Magno, directeur g&#233;n&#233;ral du service des mineurs au Minist&#232;re de la Justice italien, la mise &#224; l'&#233;preuve constitue un excellent outil de pr&#233;vention de la r&#233;cidive : il s'agit d'une mesure extr&#234;mement souple, pouvant servir de cadre &#224; une mesure de r&#233;paration, &#224; une action de m&#233;diation, &#224; un placement, ou &#224; toute action &#233;ducative permettant de favoriser la r&#233;habilitation du mineur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mesure est caract&#233;ristique de la philosophie du nouveau proc&#232;s p&#233;nal en Italie, privil&#233;giant la r&#233;habilitation du mineur sur tous les autres int&#233;r&#234;ts, au point de faire dispara&#238;tre l'infraction. Les mesures de r&#233;paration et les actions de m&#233;diation permettre de r&#233;introduire la victime, normalement exclue du proc&#232;s p&#233;nal.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;#9#L'&#233;ducatif dans la prison.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;clusion perp&#233;tuelle est exclue pour les mineurs (d&#233;cision de la Cour constitutionnelle du 28 avril 1994). Il existe pour les mineurs un r&#233;gime de r&#233;duction des peines encourues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le suivi de la peine est assur&#233; par le juge de l'application des peines sp&#233;cialis&#233;, comp&#233;tent jusqu'&#224; la 25&#232;me ann&#233;e du condamn&#233; mineur. L'accent est mis sur la non-interruption des actions &#233;ducatives en cours. Les peines peuvent donc &#234;tre ex&#233;cut&#233;es en dehors de la prison : semi-libert&#233;, d&#233;tention &#224; domicile, substitution de la peine inf&#233;rieure &#224; 3 ans par un placement aupr&#232;s des services sociaux assorti d'obligations &#224; respecter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peines d'emprisonnement sont ex&#233;cut&#233;es dans des instituts p&#233;naux pour mineurs, plac&#233;s sous l'autorit&#233; du D&#233;partement pour la Justice des mineurs. Un encadrement tr&#232;s &#233;troit et une pr&#233;sence &#233;ducative forte sont assur&#233;s dans ces institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Italie a donc tranch&#233; un d&#233;bat que l'on ose &#224; peine aborder en France : celui des institutions ferm&#233;es, des prisons pour mineurs et de la pr&#233;sence de la protection judiciaire de la jeunesse &#224; l'int&#233;rieur de la prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est pourtant urgent de le faire, de sortir du d&#233;bat caricatural entre la &#8220;surprotection et le tout-ordre-public&#8221; (Sylvie Perdriolle), de prendre en compte le durcissement des peines &#233;voqu&#233; par Jean-Jacques Penaud, pr&#233;sident du tribunal pour enfants de Lyon, qui a fait &#233;tat d'un doublement des d&#233;tentions en six ans et d'un doublement des proc&#233;dures entre 1993 et 1996. Joseph Guichou, directeur r&#233;gional de la protection judiciaire de la jeunesse de Lyon, a &#233;voqu&#233; ce d&#233;bat, en rappelant qu'exercer une mesure &#233;ducative ordonn&#233;e par un juge, c'est &#233;couter, apprendre &#224; conna&#238;tre, faire avec, mais aussi surveiller et expliquer la sanction. Admettre qu'une autorit&#233; puisse s'imposer, construire les mesures &#233;ducatives au regard de la responsabilisation de tous les acteurs (mineurs, parents, justice, services &#233;ducatifs, victimes) &#224; l'exemple de la mesure de r&#233;paration, sont des id&#233;es qui font leur chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que l'a sugg&#233;r&#233; Franco Occhiogrosso, une r&#233;glementation effective et fonctionnelle des interventions sociale et judiciaire est une condition n&#233;cessaire mais non suffisante pour trouver des r&#233;ponses efficaces &#224; la d&#233;linquance des mineurs : un fort engagement g&#233;n&#233;ral et une coh&#233;rence sur le but &#224; atteindre, prot&#233;ger les mineurs, sont &#233;galement indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sylvie Perdriolle a rappel&#233; que la t&#226;che est suffisamment ardue pour qu'il soit non seulement utile, mais aussi n&#233;cessaire de partager les r&#233;flexions au-del&#224; des fronti&#232;res et des clivages culturels, de poursuivre le d&#233;veloppement d'une approche europ&#233;enne, faite de l'alliance de pr&#233;vention, de sanction appropri&#233;e et d'&#233;ducation. Ainsi le s&#233;minaire europ&#233;en de novembre 2000 a abouti &#224; la proposition de d&#233;velopper un r&#233;seau europ&#233;en de pr&#233;vention de la d&#233;linquance des mineurs et un centre europ&#233;en pour la recherche et la comparaison entre les diff&#233;rents pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture ne peut &#234;tre uniquement g&#233;ographique. Comme l'a soulign&#233; Thierry Baranger, cette rencontre avec les magistrats italiens a &#233;t&#233; l'occasion d'associer pour la premi&#232;re fois les &#233;ducateurs et les avocats &#224; la r&#233;flexion de l'A.F.M.J.F. sur la justice des mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une approche &#224; d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;synth&#232;se par Muriel EGLIN, ancienne juge des enfants &#224; Belfort&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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